Sur la rive droite de l’Oise, la ZAC des 2 Rives prolonge le centre historique de Compiègne au-delà d’un nouveau pont. Pour le Groupe Quartz, l’Atelier Seigneur y a dessiné un ensemble de logements qui tient la tête de pont et construit la nouvelle rue. Projet de concours.
LE PROJET
La ZAC des 2 Rives constitue un axe fort de développement pour Compiègne et Margny-lès-Compiègne. Elle poursuit une ambition claire : étendre le centre-ville de la rive gauche, historique, vers la rive droite. Un nouveau pont porte cette extension et crée un point de franchissement supplémentaire — un élément toujours stratégique pour une ville installée le long d’un cours d’eau.
L’Atelier Seigneur a répondu au concours lancé par le Groupe Quartz sur les îlots C et D, en pied de pont. Le programme portait sur des logements collectifs, avec des rez-de-chaussée actifs ouverts sur le quai et sur la nouvelle voie. La parcelle occupe une position exposée : depuis le centre historique de Compiègne et depuis le parc Songeons, elle se donne à voir en totalité.
UN PONT, UNE COUTURE ENTRE DEUX RIVES
Un pont rapproche : c’est une couture. Il crée les échanges entre deux rives qui, sans lui, se font face sans se toucher. Elles se regardent, se contemplent, mais ne se lient que ponctuellement, par la volonté des hommes. Le projet part donc de cette lecture-là plutôt que d’une simple opération de remplissage d’îlot.
Les enjeux urbains sont en effet considérables. Il s’agit de célébrer le franchissement, de signaler les têtes de pont et de dessiner les rives. Chaque rive forme pour l’autre un lointain, mis à distance par le cours d’eau ; le bâti y devient la façade de la ville sur un élément naturel. L’insertion paysagère se doit par conséquent d’être juste, et le projet participe au dessin de la berge autant qu’à celui de la rue.
QUATRE SÉQUENCES POUR TENIR LA RIVE
Le projet se décompose ainsi en quatre séquences, de la rue de Beauvais jusqu’au quai de l’Écluse.
1. Une transition d’épannelage avec les bâtiments voisins
Aux abords des constructions existantes, sur la rue de Beauvais comme sur le quai de l’Écluse, le projet fait régner les altimétries d’acrotère à l’amorce des façades. Les volumétries s’élèvent donc progressivement, sans rupture d’échelle avec le tissu riverain. Cette précaution d’épannelage règle la couture du projet avec ses voisins immédiats.
2. Un volume émergent pour marquer la tête de pont
Le pont franchit le quai de l’Écluse en surplomb et installe une relation dominante avec la frange bâtie des îlots C et D. Pour affirmer sa présence face à cet ouvrage d’art, le projet devait émerger : un volume vertical de zinc et de persiennes répond ainsi à l’échelle du tablier.
À l’intérieur de ce volume, des terrasses profitent de la vue sur l’Oise et du spectacle du pont. Des brise-soleil les abritent du soleil comme des regards, tout en dessinant le volume du bâtiment. Ces occultations partielles laissent deviner la vie qui se tient derrière ; à la nuit tombée, les lumières des logements transforment l’ensemble en lanterne. La végétalisation des terrasses achève enfin l’insertion paysagère du bâtiment sur la rive. Il en résulte un théâtre intime et vivant, qui anime les berges de l’Oise et les abords du pont.
3. Une rue construite sur 81 mètres de façade
La parcelle fait face, dans sa grande longueur, à la nouvelle voie qui relie le pont au futur giratoire de la rue de Beauvais : 81 mètres de linéaire. Le projet atténue cette longueur en jouant sur différentes profondeurs de façade. Les retraits composent des pans verticaux, que la verticalité des fenêtres vient renforcer. Ces séquences alternent par ailleurs des longueurs différentes, ce qui ramène le bâtiment à une échelle urbaine de centre-ville. Il s’agit bien de construire la rue. L’ensemble bâti monte à R+3+combles.
4. Un repère urbain à l’angle de la rue de Beauvais
Face au futur giratoire, un volume particulier en zinc, coiffé d’une avancée de toiture, identifie enfin le carrefour. Cet événement architectural signale l’accès au pont depuis la rue de Beauvais et donne au projet un second point d’accroche dans la ville.
Le projet en images
FAÇADES ET MATÉRIAUX
La palette reste volontairement proche du vocabulaire compiégnois. La pierre de Saint-Maximin tient les soubassements et les pans principaux, tandis que le zinc et les ardoises naturelles habillent les volumes émergents et les toitures. Les menuiseries bois, les persiennes, les garde-corps en fer forgé et le verre sérigraphié complètent enfin l’ensemble. Les élévations ci-dessous montrent comment ces matériaux se répartissent le long des deux façades exposées.
FICHE TECHNIQUE
En résumé, voici les données clés du projet.
- Programme : logements collectifs
- Maître d’ouvrage : Groupe Quartz
- Localisation : ZAC des 2 Rives, îlots C et D, Margny-lès-Compiègne (60), entre la rue de Beauvais et le quai de l’Écluse
- Mission : concours
- Gabarit : R+3+combles
- Linéaire de façade sur la nouvelle voie : 81 mètres
- Enjeux : marquer la tête de pont, assurer la transition d’épannelage, construire la rue, signaler le carrefour de la rue de Beauvais
- Matériaux : pierre de Saint-Maximin, zinc, ardoises naturelles, menuiseries bois, persiennes et brise-soleil, garde-corps en fer forgé, verre sérigraphié
UN PROJET DE LOGEMENTS COLLECTIFS ?
Vous portez une opération de logements sur un site à enjeu urbain — une entrée de ville, un front bâti, une rive ? L’Atelier Seigneur conçoit et pilote également des programmes collectifs à Amiens, dans la Somme et dans l’Oise, du concours jusqu’à la réception des travaux. Parlons-en.
À découvrir également : Résidence Les Nymphéas · Résidence les Écuyers